Edouard Limonov

En 1986 ou 1987, j’avais un copain à la fac dont le père était un mili­tant com­mu­niste avec quelques res­pon­sa­bi­li­tés. Il m’avait dit qu’un éditeur du Parti orga­ni­sait une petite soi­rée et qu’Edouard Limo­nov serait présent.

Je ne com­pre­nais pas trop le rap­port entre le Parti et Edouard Limo­nov.

Dans ses livres, que j’avais lus, il fai­saient une cri­tique radi­cale de tous sys­tèmes à tra­vers le récit d’un per­son­nage incon­trô­lable, ne sup­por­tant aucune contrainte, un élec­tron tota­le­ment libre dont la vie est sa propre œuvre soit l’inverse de ce qu’est le com­mu­nisme de l’URSS dont il avait été viré.

J’avais un Rol­lei, et, dis­crè­te­ment, je fis ce por­trait, n’osant le regar­der dans les yeux. Il sem­blait un peu vaseux, peut-être avait-il un peu trop bu ou tout sim­ple­ment il ne savait pas trop ce qu’il fai­sait là, donnant l’impression de ne peut-être pas parler fran­çais…

Je voyais donc ces membres du Parti le regar­der avec une cer­taine admi­ra­tion ce qui en rajou­tait dans ma perplexité…