Appareils photo

J’ai eu de nombreux appareils photo. Certains n’ont pas su être à la hauteur des espérances que je leur portais, d’autres ont été balayés par les évolutions technologiques.

Pour pratiquement tous je peux me souvenir d’au moins une image que j’ai faite avec eux. Il n’existe pas d’appareil photo idéal. Entre celui que l’on a toujours sur soi, qu’on ne sort que pour un travail particulier, qui fait trop de bruit, qui ne répond pas à la demande (technique ou pratique)…

Florilège :

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

J’ai commencé avec un Kodak avec des films en cassette mais je ne l’ai pas retrouvé en photo sur le net, on passe donc au deuxième, un Olympus PEN qui faisait du demi-format, c’est-à-dire qu’un film 36 poses devenait un 72 poses !

 

Ma grand-mère avait offert à son fils (mon père) un Olympus OM1, un réflex. Je regardais cet appareil avec énormément d’envie, à un tel point qu’arrivé à l’adolescence, il a fini par me revenir de fait. Mon père ne faisait pas tellement d’images à ce moment-là, ensuite il s’est orienté vers des appareils du type Minolta autofocus.

 

Lors de ma découverte des colonies de vacances, le directeur avait toujours sur lui un petit Minox 35 GT. Sitôt rentrée je m’en offris un qui ne me quitta plus non plus, jusqu’à ce que le mécanisme de l’objectif, à force de rentrer et sortir finisse par se dévisser de telle manière qu’il ne fut plus réparable.

 

Le père d’un de mes oncles était photographe. Après sa mort sa femme à qui j’allais régulièrement rendre visite, m’offrit ce Rolleixflex. Là, je tenais entre les mains un appareil de légende, par le nom mais aussi par les images que son propriétaire avait réalisées. Il fut entre-autres, photographe officiel de Monaco, c’est à ce titre qu’il réalisa des images de de Gaule, Grace Kelly et du Prince Rainier. Je crois avoir vu des négatifs carrés de Cocteau, Collette, Utrillo sans avoir la certitude qu’ils furent réalisés avec le même appareil. Je reçus aussi un autre Rollei, plus moderne, avec un objectif grand-angle pour l’architecture mais mon oncle voulut le récupérer, c’était tout de même le matériel de son père.

 

Ce nouveau Minox35 est venu remplacer le précédent et finit sa vie de la même manière. C’est avec lui que j’ai commencé à faire des photos à Berlin lors de mon service militaire car il prenait peu de place pendant mes classes et avant que j’obtienne le poste de photographe de mon régiment et que je puisse rapporter mon propre matériel (L’OM1 et le Rollei) en sécurité dans mon labo.

Les Minolta X500 et X700 étaient les deux appareils de mon service à l’armée. Il y avait bien un Nikon FM2 mais il fut réformé et passa au pilon malgré tous les arguments que j’ai pu développer auprès de mon Capitaine pour le récupérer… J’avais fini par me faire à ces appareils, juste l’hiver, ils m’obligeaient à les utiliser sans gants car le contact du doigt sur le déclencheur activait la cellule et la prise de vue. Et un hiver à Berlin sans gant, c’est dur !

J’adorais mon Olympus OM1, j’aimais tout de lui, sa forme, sa compacité, le bruit de son déclenchement, la qualité de ses objectifs, le fait aussi que cette marque était un peu moins connue que Nikon, Canon, Minolta… Alors quand l’occasion se présenta d’un deuxième boitier… puis d’une troisième… ce fut pour un OM2 et un OM4.

 

Pendant mes études de photo à Bruxelles, je découvris le plaisir du Polaroïd. Le SX70 avait cet avantage que l’on pouvait travailler les photos avant qu’elles en soient tout à fait révélées. Les effets obtenus sembleraient assez simplistes aujourd’hui où l’informatique permet n’importe quoi. Là, c’était artisanal et aléatoire donc bien plus risqué et intéressant.

 

Le Rollei 35 était bien plus solide que les Minox 35. Je l’avais toujours sur moi mais il fut détrôné sans regret par l’appareil suivant…

 

Le Leica M6 ! Quand je travaillais à la FNAC presque tous mes collèges avec un M6, un weekend, j’en empruntais un d’occase et ne le rendis jamais… Il avait le même volume que l’Olympus OM1 mais avec un objectif bien plus compact, toujours en bandoulière sous ma veste, il ne me quittait jamais. J’avais pourtant eu un autre M6 entre les mains quelques années plutôt mais je n’avais pas du tout aimé l’utiliser, je n’en avais pas compris la philosophie, la concentration demandée par les réglages à faire (entièrement manuel) et la part intuitive des cadrages qui exige de faire corps avec l’appareil. On ne le tient pas à bout de bras comme les compacts numériques d’aujourd’hui, là, on entre l’œil dans le viseur de l’appareil, on est dans l’image.

 

Le Leica M4-P fut davantage un investissement qu’autre chose. Son prix était dérisoire, il me permit d’acheter d’autres appareils lors de sa revente.

 

Parallèlement au Leica, il me fallait aussi des appareils réflex. Olympus n’innovait plus et restait bloqué sur l’OM4, les autres tentatives s’avéraient ratées, l’autofocus faisait son entrée en force et ses performances justifiaient que l’on finisse par adopter cette nouvelle technologie. Je commençais par un Nikon F-801.

 

Le F-801 fut rapidement revendu pour un Nikon F90

 

… et le F-90 revendu pour un Nikon F100 lorsqu’enfin, je m’installais comme photographe professionnel. Je réalisais alors pas mal de reportages de mode. Au début, les journaux payaient suffisamment pour couvrir les frais de films et de labo, on pouvait donc travailler convenablement mais petit à petit, le prix des piges baissa, les fusions de journaux réduisirent le nombre de clients et donc des commandes, et vint un moment où, honorer une commande coutait plus cher que ce qu’elle rapportait.

 

Dans ce contexte économique, l’OM4-Ti ne fut qu’un investissement… il ne m’avait rien coûté !

 

Le Nikon D1x, malgré son prix de 8000 euros, arriva comme un sauveur. J’ai revendu tout mon matériel argentique pour ne conserver que le Leica M6. Le numérique permit alors d’augmenter les rendements et même de dédoubler les reportages (une partie pour le client, une partie pour moi sous un autre angle). Dans un premier temps, je rentrais le soir avec 400 images et des heures d’editing à la clé avant d’apprendre à revenir à quelque chose de normal. Il était difficile de faire payer les frais de postproduction aux clients qui ne comprenaient pas d’où ça pouvait venir puisqu’il n’y avait plus de frais de films ni de labo. Les heures passées à retoucher les contrastes et la luminosité furent tout de même compensées par l’augmentation des prix des piges, pendant quelques mois, grâce au passage à l’euro puisque de toute manière personne ne comprenait plus rien à ces 6,55957…

Mais d’autres soucis arrivèrent rapidement malgré tout, si crise de la presse n’en était pas à ses débuts pour les photographes, la dégradation s’accélérait de plus en plus. La fin était proche.

 

Bon l’utilisation de cet appareil téléphonique HTC comme appareil photo fut anecdotique. C’était un très mauvais appareil photo… et un très mauvais téléphone. Mon reflex s’était cassé, fallait bien que je décharge ma frustration avec ce truc.

 

L’iPhone fut la révolution de la photographie sur smartphone. Le capteur numérique n’était pas très puissant (quoiqu’il avait le même nombre de pixels que le Nikon D1x !) mais l’esthétique des images produites rivalisait largement avec les appareils reflex. Les applications proposant des filtres permettaient de créer de petites icônes bien mignonnes et flatteuses.

 

Le Nikon D1x n’était absolument plus à la hauteur de l’évolution technologique (avec les dominantes rouges, en qualité des images et de l’autofocus, en sensibilité en basse lumière…), je commençais à être complètement dépassé sur le plan technique, le Nikon D200 fut donc la suite logique et « économique ».

 

Les Canon G10 et G12 prirent le rôle que les Minox et Rollei 35 avaient eu avant eu. Petite taille, disponibilité, discrétion… Mais je n’ai jamais réussi à m’habituer à eux malgré l’avantage de l’écran pivotable qui me rappelait un peu le Rolleiflex.

 

Le Nikon D700 fut pour moi, enfin, le retour du plaisir de la photo comme au temps de l’argentique. Pouvoir enfin jouer spontanément avec la profondeur de champ et une qualité d’image suffisante pour absorber bien des extrêmes.

 

L’iPhone 4GS prit la place des Canon G10 et G12 et donc elle des Minox et Rollei 35 puisqu’on l’a tout le temps dans la poche. L’arrivée d’Instagram apporta aussi une autre manière de faire des images, un nouveau plaisir que j’ai usé jusqu’à la corde pendant l’année 2012.

 

Avec le Leica M9 c’est désormais un retour complet à l’état de photographe. Un resserrement sur un seul appareil, un travail sur l’intuition, sur moi-même, la fin d’un long cycle, l’abandon de pas mal d’utopies pour tenter d’en créer de nouvelles.

 

L’ancien M9 revendu, je ne photographie plus qu’avec deux appareils : le Leica M et le Leica Monochrome.

Et aussi, puisque ce sont désormais des appareil photo à part entière, un iPhone 6.